UNE FEMME VOILÉE PRISONNIÈRE D’UNE BOITE

Ce titre n’est pas à prendre au second degré. Sonia Merazga, artiste/plasticienne/artiviste

a offert une performance dans plusieurs quartiers de Paris. Vidéo.

N’en déplaise aux adeptes de la bien-pensance, la mise en scène de la jeune femme

n’était pas un appel au secours contre le voile oppresseur mais la prison

représente au contraire la société liberticide qui empiète peu à peu sur le droit élémentaire

de vivre sa religion.

La scène nous interroge et chacun trouve sa réponse selon son propre vécu et ses idées.

D’aucuns y verront une métaphore de la femme musulmane qui s’enferme elle-même

en raison de son attachement acharné à son foulard. Mais regardons les choses de façon basique :

une personne est emprisonnée si elle commet une faute. De quoi est ici coupable cette femme ?

Coupable de croire dans un monde sans foi ?

Et finalement, qui est le geôlier ? Est-ce l’État qui établit les lois anti-foulard

ou est-ce nous qui regardons sans agir ? Car ce qui est intéressant dans cette vidéo

c’est aussi la réaction des passants qui crée un malaise : interloqués, moqueurs, empathiques,

ou dans le cas d’une rue une indifférence générale, comme si voir une femme hurlant « A l’aide »

dans une boite faisait partie d’un banal décor urbain.Personne n’a symboliquement cherché à l’aider.

Au milieu de la foule, elle est seule à crier son désespoir car finalement, entend-on presque penser,

cette femme coiffée d’un voile ne l’a-t-elle pas bien cherché ?

Femme voilée dans la boîte from Merazga on Vimeo.

Sonia Merazga écrit sur sa page Facebook « Cette performance avait pour objectif

de pousser les gens à réfléchir aux conséquences des lois discriminantes,

que l’on ne cesse de mettre en place contre les femmes voilées. Si au nom de la liberté de la femme,

du féminisme, on enferme ces femmes chez elles, c’est un non sens! Les femmes devraient avoir le droit

de disposer de leur corps comme elles le souhaitent. Qu’elles se dévêtissent ou se couvrent, c’est leurs choix,

c’est leur corps et ni l’état, ni les hommes n’ont à interférer au rapport qu’elles ont avec celui-ci.

Le vrai féminisme à mon avis consisterait à défendre ces femmes qu’on oppresse par cette stigmatisation

incessante et contre ces agressions dont elles ne cessent d’être victimes.«

Et vous qu’en pensez-vous ?

Source:imanemagazine.com

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