SOUMAHORO YASMINE

Interview : « J’ai voulu faire des tenues accessibles à nos sœurs »

Madame Soumahoro Yasmine, styliste talentueuse et mannequin autodidacte, est propriétaire d’un atelier Cocody Angré-château, dans la capitale économique ivoirienne.

Depuis quand votre atelier existe-t-il ?

Il existe depuis 2010. J’ai toujours voulu aider nos sœurs qui veulent s’habiller décemment mais qui rencontrent des difficultés à ce niveau. Souvent les tenues proposées sont décolletées, ne correspondant à nos critères religieux. J’ai voulu faire des tenues accessibles à nos sœurs. Pour celles qui ne savent pas quel style adopté, je leur conseille des modèles en fonction de leur forme. Je me suis spécialisée dans les tenues décentes. C’est difficile de trouver des couturiers spécialistes en cela.

Avez-vous eu une formation ?

J’ai appris sur beaucoup sur le tas, en passant d’abord chez un particulier pendant quelques années.  En plus, Je suis autodidacte car j’apprends toute seule en regardant les défilés à télé, les modèles dans la rue. J’essaie ainsi d’agencer les choses et de sortir quelque chose.

C’est extraordinaire ! Félicitations ! Donc vous n’êtes pas du tout allé à l’école conventionnelle ?

Non, je n’en ai pas fait. Aucune autre formation.

En fait, vous  savez pourquoi j’insiste, par ce que c’est trop extraordinaire…

C’est plus facile de faire bien quelque chose, quand il ya l’amour, de la passion, lorsqu’on y met de l’amour et qu’on persiste, l’on persévère dans ce qu’on fait, cela devient plus facile.

Est-ce que vous savez que vous vous exprimer très bien, même mieux que certains qui sont allés loin dans leur études. Même ceux qui sont allés à l’école ne s’expriment pas comme ça (rires). Qu’est-ce qui vous a motivé à entreprendre, à avoir votre propre atelier ?

Ma motivation est d’abord mon papa: Il était vraiment exigeant avec nous. Il aimait la perfection. Il nous a vraiment motivé à faire quelque chose, à ne pas s’asseoir et attendre tout des autres.

Il ya plusieurs genres de femmes: elles ne sont pas seulement la femme musulmane, il ya aussi les autres femmes…

Oui c’est vrai. En fait, c’est parce qu’il y’a moins de choix pour les musulmanes. Il y’a moins de stylistes qui font des tenues adaptées aux musulmanes. Ces dernieres n’ont donc pas de larges gammes de choix. La plupart des vêtements cousus sont des tenues « mondaines », il n’y a pas beaucoup de tenues proprement musulmanes. C’est ce qui m’a poussé à aller dans ce sens. Mais même celles qui veulent des tenues décentes, qui ne se voilent pas forcément viennent chez moi.

La première fois que nous nous sommes rencontrées c’était à une édition du Fimis où vous portiez une belle tenue faite par vos soins…

En 2015…

Et cette année 2017, y-participez-vous ?

Oui, j’y participe. L’édition de cette année fait la promotion des nouveaux créateurs, c’est ce qui m’a motivé à y participer en faisant le défilé avec des modèles. Je n’ai pas pris de stand car actuellement je n’ai pas assez de vêtements en stock.

Nous allons en restez là pour aujourd’hui de manière à laisser aux lectrices le soin de vous découvrir. Avez-vous un dernier mot ?

Je leur demande de venir voir mes créations, cela va leur donner l’envie de bien s’habiller.

Fatime Kaba

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