SOUAD ABDERRAHIM, LA PREMIERE FEMME ELUE MAIRE DE TUNIS

« J’offre cette victoire à toutes les femmes de mon pays, à toute la

jeunesse et à la Tunisie », a déclaré, submergée par l’émotion, cette

gérante d’une entreprise pharmaceutique entrée par la grande porte

dans l’histoire politique de la Tunisie.

A 53 ans et en vertu de la loi, Souad Abderrahim devra troquer sa

casquette de chef d’entreprise contre celle, auréolée de sa gloire

toute neuve, de première « cheikh de la Médina », devenant ainsi la

première femme à présider aux destinées de la cité phare du pays.

Portant haut les couleurs d’Ennahdha tout en se définissant comme

indépendante, pour un coup d’essai dans le grand bain bouillonnant

de la politique locale, c’est un véritable coup de maître que vient de

réussir celle qui, hier encore, était une candidate prometteuse,

unanimement plébiscitée par l’électorat de base du mouvement.

La fibre militante chevillée au corps depuis l’université, Souad

Abderrahim n’a cessé de balayer d’un revers de main l’étiquette d’

« islamiste » qui lui fut accolée par ses farouches adversaires, et plus

vigoureusement encore, l’accusation selon laquelle Ennahdha

l’utilisait à seule fin de moderniser son image, avant de damer le

pion à son plus sérieux rival : Kamel Idir, un ancien responsable

local sous l’ère Ben Ali de triste mémoire, sur lequel le parti Nidaa

Tounès, créé par l’actuel président Béji Caïd Essebsi, avait fondé

tous ses espoirs.

A l’aube de la cinquantaine et après une carrière professionnelle

bien remplie, la première femme maire de Tunis, issue des rangs

d’Ennahdha qui revendique désormais son essence « musulmane

démocrate », n’a pas tardé à afficher son volontarisme politique en

inscrivant à son ordre du jour un dossier prioritaire : « ce sera

l’amélioration de l’esthétique de Tunis », a-t-elle annoncé, résolue à

prendre à bras-le-corps l’épineux problème de la gestion des déchets

qui n’a fait qu’empirer depuis 2011.

Laisser un commentaire