[SOCIÉTÉ] AU KENYA, DES JEUNES FILLES SE PROSTITUENT EN ECHANGE DE PROTECTIONS HYGIÉNIQUES

Difficile de savoir combien d’adolescentes se voient contraintes d’en passer par là.

Au Kenya, le paquet de serviettes est trop cher pour la majorité des femmes. Bouts de matelas, journaux… elles sont nombreuses à utiliser des protections de fortune.

Selon l’association Zana Africa qui fait de la prévention et lutte contre la précarité menstruelle au Kenya, 65 % des jeunes fillesn’ont pas accès à des protections hygiéniques dans ce pays d’Afrique de l’ouest. Malheureusement certains hommes l’ont bien compris.

Jeudi 4 juillet, Le Monde publie une enquête sur ces adolescentes obligées de se prostituer en échange de protections hygiéniques.

« Au début, il n’a pas demandé de sexe »

« Au début, il n’a pas demandé de sexe », témoigne une jeune fille de 17 ans, qui raconte s’être déshabillée devant son voisin de 30 ans. Elle-même était âgée de 14 ans, la première fois qu’elle s’est dénudée en échange de la somme nécessaire à l’achat d’un paquet de serviettes hygiéniques. Le rituel se répétera ainsi chaque fois qu’elle en aura besoin, jusqu’à ce qu’il lui demande de coucher avec elle.

Elle refuse et s’enfuit. D’autres s’exécutent. Combien ? Difficile à dire. Le Monde a rencontré Mercy Aloo, une activiste formatrice pour The Cup Foundation, une ONG qui distribue des coupes menstruelles.

Cette dernière fait le tour des salles de classe pour sensibiliser les jeunes filles. Chaque intervention se solde d’une foire aux questions anonymes.

« La dernière fois, j’en ai eu sept relatives au sujet du ‘sexe contre serviettes hygiéniques’. Par exemple : ‘Si je couche avec un garçon pour avoir des serviettes hygiéniques, est-ce que je peux avoir des maladies ?’”, raconte la jeune fille au Monde.

C’est le tabou qui règne autour des règles ainsi que l’extrême pauvreté qui réduit les jeunes filles à en passer par là. Interdictions, exils, maladies, etc., sont autant de situations auxquelles les femmes doivent encore faire face partout dans le monde.

AyanaWebzine

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