QUI EST KAMALA HARRIS, LA PREMIÈRE FEMME NOIRE DEVENUE VICE-PRÉSIDENTE DES ÉTATS-UNIS?

La sénatrice Kamala Harris se rêvait la première présidente des Etats-Unis à 55 ans. Ce 7 novembre, la colistière de Joe Biden en devient la première vice-présidente noire du pays.La candidate démocrate à la vice-présidence Kamala Harris, le 28 septembre, à Raleigh (Caroline du Nord) La candidate démocrate à la vice-présidence Kamala Harris, le 28 septembre, à Raleigh (Caroline du Nord)

Une pionnière. Kamala Harris avait été la première procureure noire de Californie, puis la première femme originaire d’Asie du Sud à entrer au Sénat à Washington. À 56 ans, la colistière de Joe Biden est désormais la première femme vice-présidente des Etats-Unis.

Fille d’un père jamaïcain, professeur d’économie, et d’une mère indienne, chercheuse spécialiste d’un cancer du sein, Kamala Harris a passé sa jeunesse à Oakland, en Californie, baignée dans la lutte de ses parents immigrés pour les droits civiques. Elle rejoint ensuite l’université Howard à Washington, fondée pour accueillir les étudiants afro-américains en pleine ségrégation.

Cette grande ambitieuse, bien décidée à faire « bouger les choses », s’illustre dans une carrière digne des plus beaux « rêves américains ». En 2004, elle devient procureure à San Francisco. Un poste qu’elle occupe pendant huit ans avant d’être élue à deux reprises procureure générale de la Californie. Elle devient ainsi la première femme, et la première personne noire à diriger les services judiciaires de l’État le plus peuplé du pays.

En janvier 2017, elle quitte la Californie et prête serment au Sénat, à Washington, s’inscrivant comme la première femme originaire d’Asie du Sud et la deuxième sénatrice noire de l’Histoire du pays.

« Ma mère me disait souvent: Kamala, tu seras peut-être la première à accomplir de nombreuses choses. Assure-toi de ne pas être la dernière », aime-t-elle souvent répéter lors d’interviews.

Un rêve: devenir la première présidente des États-Unis

En 2019, elle essuie sa première déconvenue. La sénatrice se rêve première femme présidente des États-Unis et se porte candidate aux primaires démocrates. Mais elle doit se retirer en décembre, faute de moyens financiers. Elle se ralliera en mars à Joe Biden.

En annonçant le nom de sa colistière, Joe Biden avait salué « une combattante dévouée à la défense courageuse des classes populaires et l’une des plus grands serviteurs de l’Etat ».

Le choix de Kamala Harris comme colisitère a pourtant fait débat. Celle-ci connaît bien Joe Biden, car elle était proche de son fils Beau Biden, mort d’un cancer en 2015. Mais leurs relations n’ont pas toujours été au beau fixe. En 2019, lors du premier débat démocrate, la sénatrice l’avait ainsi attaqué avec virulence sur ses positions passées concernant les politiques de déségrégation raciale dans les années 1970.

Après cet épisode, certains alliés de l’ancien vice-président avaient montré des réticences face à cette nomination, alors même que les appels se multipliaient pour que Joe Biden choisisse une colistière noire, quelques semaines après la mort de George Floyd.

Un engagement pour une société plus juste

Tout au long de sa carrière, Kamala Harris s’est illustrée dans des combats pour plus de justice et d’inclusion aux Etats-Unis. Lorsqu’elle était procureure de San Francisco, elle s’était ainsi opposée à une modification de la constitution californienne limitant le mariage à deux personnes de sexe opposé. Comme procureure de la Californie, elle avait lutté contre les mauvais traitements dans les prisons et obligé les forces de l’ordre à suivre des formations sur les discriminations.

En tant que sénatrice, elle s’est fait connaître pour mener des auditions d’une grande fermeté, notamment face à Brett Kavanaugh, juge à la Cour suprême, accusé d’agressions sexuelles.

Pour autant, son bilan est souvent critiqué. L’aile gauche du parti démocrate la juge souvent trop répressive, mettant notamment en avant ses positions dures sur la punition de petits délits, qui pénaliseraient les minorités. On lui reproche aussi régulièrement de ne pas avoir pris position sur une proposition de loi voulant rendre systématiques les enquêtes indépendantes quand un policier fait « usage de la force mortelle ».

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