PORTRAIT:LA PRINCESSE RIMA BINT BANDAR Al SAOUD, PREMIÈRE FEMME AMBASSADRICE D’ARABIE SAOUDITE AUX ÉTATS-UNIS.

Le sort de la femme en Arabie saoudite a toujours fait l’objet de commentaires  généralement orientés selon le prisme occidental qui fait de la saoudienne une femme «prisonnière de luxe» n’ayant aucune liberté

Par ailleurs, de nombreuses pratiques propres à cette monarchie qui a toujours cohabité avec le puritanisme wahhabite, ont toujours donné une autre image de la femme dans ce Royaume, différente de celle répandue à travers le monde : interdiction de conduire, séparation du monde des hommes, interdiction d’accès aux stades, aux salles de cinéma, etc. En un mot toute une série de contraintes qui vu de l’extérieure, ont toujours fait de la saoudienne une femme « infantilisée »

Mais, depuis l’avènement du prince héritier Mohamed bin Salman, les choses ont changé et les saoudiennes sont aujourd’hui à tous les niveaux de la vie sociale et occupent les postes qui jusque-là étaient du domaine exclusif des hommes

C’est dans ce registre que s’inscrit, la princesse Rima bint Bandar Al Saoud la première fois une femme ambassadrice aux Etats-Unis.

En effet, le Royaume d’Arabie saoudite a nommé le samedi 23 février 2019 une femme au poste d’ambassadrice aux Etats-Unis, une première dans l’histoire de la diplomatie de la pétromonarchie du Golfe. La princesse Rima bint Bandar Al Saoud, a remplacé à Washington le prince Khaled ben Salmane, frère cadet du puissant prince héritier Mohammed ben Salmane, nommé ministre adjoint de la Défense.

Les deux décrets annonçant ces nominations ont été signés par le prince héritier le 23 février 2019, agissant en sa qualité de souverain par intérim en l’absence de son père, le roi Salmane, qui se trouvait  en ce moment en Egypte dans le cadre du  premier sommet entre l’Union européenne et les membres de la Ligue arabe.

La princesse Rima, mère divorcée de deux enfants (elle a été mariée au prince Faisal bin Turki bin Nasser avec qui elle a deux enfants un garçon et une fille), est la fille du prince Bandar ben Sultan, qui fut ambassadeur aux Etats-Unis de 1983 à 2005.

Née à Ryad en Arabie saoudite, c’est justement dans le pays de l’oncle Sam qu’elle a été pratiquement élevée et y a obtenu un baccalauréat universitaire ès lettres en études muséales à l’université George-Washington avant de retourner dans son  pays à la fin de la mission de son père en tant qu’ambassadeur du Royaume saoudite aux Etats-Unis.

Pendant ses études, elle effectue des stages à l’Institut du monde arabe (Paris) et à la Galerie Arthur M. Sackler (Washington, D. C.). Elle a également collaboré à distance avec un conservateur du musée Field (Chicago)

Revenue en Arabie saoudite en 2005, elle devient PDG d’Al Hama LLC, une société de vente au détail de luxe, qui gère des marques comme DNKY et Donna Karan au Moyen-Orient. Elle occupe également pendant plusieurs années, le poste de PDG d’Alfa International, une grande entreprise de vente au détail de produits de luxe qui, entre autres activités, exploite le magasin Harvey Nichols de Riyad.

Femme d’affaires active, elle est fondatrice et directrice artistique de Baraboux, une marque de sacs à main de luxe qu’elle a lancée en 2013. Elle est également la fondatrice du fonds de capital-investissement Reemiyah, basé en Arabie saoudite, ainsi que la co-fondatrice de Yibreen, un SPA pour femmes.

La princesse Rima a attiré l’attention des médias internationaux pour sa défense du travail des femmes. En 2014, elle est reconnue personnalité la plus créative de l’année par Fast Company sur ce sujet et figure sur les listes de Forbes des 200 femmes arabes les plus puissantes et des femmes les plus puissantes d’Arabie saoudite. Elle a également été reconnue par le magazine Foreign Policy comme l’une des meilleurs penseurs mondiales en 2014 dans la catégorie « mogul », concernant son activisme pour aider les femmes à concilier leur vie personnelle et professionnelle et les faire participer au monde économique.

Elle considère que promouvoir les femmes sur le marché du travail est « une évolution, pas une occidentalisation», et que responsabiliser financièrement les femmes les encouragera à « explorer davantage le monde pour elles-mêmes et à devenir moins dépendantes ». Elle a également déclaré que l’Arabie saoudite « ne peut pas avoir la moitié de sa population qui ne travaille pas ».

Chez Harvey Nichols, la princesse  était chargée d’embaucher plus de femmes et de mettre en place des services de garde pour leurs enfants, permettant aux mères de continuer à travailler et de subvenir aux besoins de ces derniers. Elle y a également créé un programme qui fournit des allocations de transport aux femmes car il leur était à l’époque interdit de conduire. Ces efforts, conjugués à des politiques économiques abaissant les obstacles à l’entrée des femmes sur le marché du travail, ont conduit le magasin à employer des dizaines de femmes, alors qu’en 2011 seulement des hommes y travaillaient.

Par ailleurs la princesse Rima bint Bandar Al Saoud est membre fondatrice de l’Association de sensibilisation au cancer du sein Zahra, basée à Riyad. La mission de l’organisation vise à sensibiliser les femmes sur la détection de la maladie et de coopérer avec les malades jusqu’à leur rétablissement9.

En 2017, elle est nommée présidente de la Fédération saoudienne des sports communautaires. Il s’agit de la première femme saoudienne désignée en conseil des ministres à un poste à hautes responsabilités au sein du Comité général sportif, l’équivalent du ministère des Sports.

Elle a déclaré : « J’ai encouragé les femmes à sortir dans la rue et à faire de l’exercice dans les parcs publics. Je dis aux femmes qu’elles n’ont pas besoin d’autorisation pour s’entraîner en public, elles n’ont pas besoin de permission pour créer leurs propres programmes sportifs. Et de plus en plus, elles le font ». Elle travaille ainsi sur l’octroi de licences aux gymnases féminins à travers le royaume, également source de création d’emplois.

En novembre 2017, elle soutient Shoot For A Cause, organisé par Doodle For A Cause : c’est le premier match féminin de basketball à avoir lieu au stade Al Jawhara de Djeddah (Arabie saoudite).

Enfin, la fille de Bandar Al Sultane a fondé Alf Khair, une initiative de responsabilité sociale d’entreprise visant à créer une communauté active et créative et qui promeut leur travail à l’échelle internationale.

kemebrama@hotmail.com ,envoyé spécial au sommet de l’OCI en Arabie saoudite

Sources : AFP ; le point, Wikipédia

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