PORTRAIT: ABIR JAMEEL ABUSULAYMANE, PREMIERE FEMME GUIDE SAOUDIENNE

A la faveur de la 14ème conférence de l’Organisation de la Coopération islamique (OCI) qui s’est tenue récemment à la Mecque, en Arabie saoudite, du 29 au 31 mai 2019, nous avons découvert de nouvelles réalités dans ce vaste royaume que nous avions visité la dernière fois en 2012 lors du pèlerinage à la Mecque. Parmi celles-ci, se trouve la nouvelle place occupée par les femmes depuis 2015 date de la « révolution » entamée par Mohamed Bin Salman, le prince héritier qui a apporté des changements significatifs au style et la condition vie de la gente féminine saoudienne.

Aujourd’hui, en plus du droit de conduire, d’aller au cinéma ou au stade sans être accompagnées par leur époux où leurs enfants, elles exercent dans tous les secteurs de la vie sociale : police, commerce banque, etc.

Au-delà de ces faits qui paraissent anodins dans les autres pays du monde, on trouve aujourd’hui  la femme saoudienne dans tous les secteurs de la vie sociale. Et pourtant avant 2015, elles ne pouvaient exercer que dans certains secteurs, notamment ceux de la santé et de l’Education et qui plus est, essentiellement dans un environnement féminin.

C’est justement cette « révolution copernicienne »qui nous a permis de rencontrer Abir Jameel Abusulaymane, la première femme guide en Arabie saoudite

En effet, dans le cadre d’une visite guidée, à notre arrivée sur le site de la station de Metro située entre la Mecque et Djeddah, un gigantesque  complexe à l’ américaine, la personne chargée de traduire les propos des responsables de ce site de l’arabe au français, est une dame nommée madame , Abir Jameel Abusulaymane première femme guide en Arabie saoudite

Saoudienne pur-sang, notre interlocutrice, inspectrice d’Education en anglais, après avoir obtenu un master dans la langue de Shakespeare, obtient le baccalauréat français dans un lycée français en Arabie saoudite.

A l’avènement du prince héritier Mohamed bin Salman, qui modifie à 180% le sort de la femme en terre saoudienne, elle dépose, compte tenu de sa passion pour le métier de guide, sa candidature en 2015 afin d’exercer dans ce domaine .Ce n’est qu’en 2018, soit trois ans plus tard, qu’elle obtient le droit d’exercer ce métier spécialement destiné aux hommes.

Décomplexée et à l’aise devant les touristes que nous sommes, elle manipule aussi bien l’arabe sa langue maternelle que, l’anglais et le français passant de l’une à l’autre avec beaucoup de dextérité. Elle traduit avec dynamisme, les propos de l’ingénieur du chantier .Ces propos nous permettent de cerner l’historique et les caractéristiques de ce complexe pharaonique. En plus, ce qui était impensable il y a peu, elle se mêle aux hommes.

Quand on lui pose la question de  savoir si elle se sent bien dans ce métier elle répond par l’affirmative. Cependant, elle affirme qu’au-delà, elle ouvre la voie à d’autres femmes saoudiennes qui voudraient exercer ce métier passionnant

Concernant le nouveau statut de la femme dans son pays, notre guide estime que la « révolution » en question était inelectuctable étant donné que beaucoup de saoudiennes ont étudié et étudient encore en Europe et aux Etats-Unis où elles vivent en fonction des réalités du milieu.

Au cours de notre visite guidée qui nous mènera de la Mecque à Djeddah, villes distantes de 75 kilomètres, installée aux côté du chauffeur, elle se montrera très professionnelle et surtout très cultivée en expliquant dans les détails les sites touristiques rencontrés, les us et coutumes des saoudiens, etc.

A notre séparation  après toute une demi-journée consacrée au tourisme, nous avons trouvé en Jameel Abou Souleymane, le prototype de la femme saoudienne libérée des jougs de la tradition, décidée à briser les barrières entre le monde des hommes et celui des femmes

kemebrama@hotmail.com

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