MON « JIHAD » SCOLAIRE

Zahara nous a fait le plaisir de nous livrer son témoignage
sincère sur son parcours scolaire et son choix courageux
d’étudier seule. 

stylo

« Salam aleykoum.

Je suis aujourd’hui une jeune fille de quinze ans qui, à la rentrée,

entamera son année de première ES.

Depuis mes dix ans environ, j’étudie par

correspondance. C’est un choix que j’ai fait certes jeune mais qui

a été fait en toute connaissance de cause. J’étais prête à

sacrifier ma vie scolaire, qui entraîne ma vie sociale,

pour me soumettre et me rapprocher de mon Créateur

qui m’a tant donné et me donne encore plus que je ne

pourrais imaginer. Par la Grâce d’Allah, j’ai de formidables

parents qui me soutiennent et ne me livrent pas à moi-même,

dans la difficulté. Mes premières années par correspondance ont

été plus ou moins compliquées, étant donné que je n’étais pas aussi

assidue qu’à l’école. Mais à partir de la sixième, cela changea.

Je devais me montrer plus sérieuse, mais la motivation n’était

clairement pas là. J’avais à l’époque 12 ans et je ne voulais

qu’une chose : me faire des amis. J’ai perdu contact avec mes

camarades du primaire, et n’ayant que très peu confiance en moi,

je n’avais pas le courage de m’inscrire à une activité extrascolaire,

ni même d’aller vers des enfants de mon âge…

Alors que je commençais à désespérer de ma situation,

Allah m’a récompensé et m’a permis d’intégrer une école

privée musulmane (hors contrat) pendant deux ans. Là,

j’ai pu me lier d’amitié avec de nombreuses personnes et

redécouvrir le bonheur de la compagnie. Je ne supportais plus

cette solitude, j’étais… malheureuse. Je ne voulais plus me

retrouver face au mur de ma chambre, silencieuse. Cela devenait

trop insupportable. Malheureusement, je dus continuer par

correspondance après le brevet : je passais en seconde. J’avais 14

ans et le rythme était très corsé. J’étais de moins en moins

motivée et je délaissais complètement mes études,

préférant passer mon temps sur l’ordinateur. Je souffrais

encore de cette horrible solitude. J’avais réussi à garder contact

avec une fille du collège, que je voyais de temps à autres, et qui

racontait sa vie au lycée. Cela ne me faisait que du mal en plus :

elle semblait heureuse, vraiment heureuse. Elle riait rien qu’en

pensant à ses amis. Et lorsqu’elle souhaitait que l’on se voit,

ce n’était que pour me raconter ses aventures. Je ne faisais que

l’écouter, sans jamais parler… J’aurais voulu me confier, mais

je n’avais personne vers qui me tourner. Je ne voulais pas

embêter cette fille, qui est aujourd’hui ma seule

« amie ». Et il était pour moi hors de question que je me plaigne

auprès de mes parents, je ne voulais pas les inquiéter. Je n’avais

qu’une seule solution : me tourner vers Celui qui m’a créé

et qui me ressusciteras le Jour venu. Mais j’avais si peu

d’espoir… Cela durait depuis des années, pourquoi ça devrait

changer ? Je ne connais personne qui étudie par correspondance,

comme moi. Je n’ai personne avec qui discuter de mes problèmes

de solitude, je n’ai personne avec qui étudier un peu, rien que pour

me sentir moins seule. Je n’ai personne avec qui rire, sourire.

Je pleurais, encore et encore. Je n’avais plus la force de

demander secours auprès de mon Seigneur. J’étais

épuisée, lassée… Je pensais carrément à arrêter mes

études, tellement je souffrais de cette situation. Ne pas

pouvoir rire ou sourire de la journée avec quelqu’un, c’est dur.

Très dur.

 Mais par la Bonté d’Allah, par cette spéciale Miséricorde qu’Il offre

à Ses serviteurs dans la détresse, j’ai réussi à trouver des

jeunes filles de mon âge qui étudient elles aussi par

correspondance. Certes elles ne sont pas en première comme

moi (elles sont en seconde), mais je pourrais les aider. Nous

pourrons nous entre-aider, nous pourrons vivre de notre

fraternité. Elles sont assidues dans leur pratique, je suis

tellement heureuse!

Je pourrai rire et sourire avec des gens. Je pourrai me sentir moins

seule dans ce combat dur et épuisant. Allah m’a sauvé. 

Il m’a préservé d’un malheur plus grand que celui-ci, Gloire à Lui !

Je suis contente de pouvoir me confier ici. Je n’ai jamais pu le faire

avant et cela fait vraiment du bien… Il faut que toutes mes soeurs

qui se battent elles aussi pour porter le voile et s’instruire en même

temps, sachent qu’elles sont d’honorables musulmanes. Car c’est

un jihad. Notre jihad. Nous n’acceptons pas de nous

soumettre à des lois injustes. C’est notre combat sur le

chemin d’Allah. »

Zahara

Source:imanemagazine.com

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