LES REGLES DE L’AID AL ADHA [LA TABASKI]

Le sacrifice du jour de l’Aïd al-Adha correspond au 10ème jour

du mois de Dhoul Hijja et est réalisé en commémoration

du sacrifice d’Ibrahim :

« Et il (Ibrahim) dit : « Moi, je pars vers mon Seigneur et

Il me guidera. Seigneur, fais-moi don d’une

(progéniture) d’entre les vertueux ». Nous lui fîmes donc

la bonne annonce d’un garçon (Ismaïl)

longanime. Puis quand celui-ci fut en âge de

l’accompagner, (Ibrahim) dit : « Ô mon fils, je me vois en

songe en train de t’immoler. Vois donc ce que tu en

penses ». (Ismaïl) dit : « Ô mon cher père, fais ce qui

t’est commandé : tu me trouveras, s’il plaît à Dieu, du

nombre des endurants ». Puis quand tous deux se furent

soumis (à l’ordre de Dieu) et qu’il l’eut jeté sur le front

(pour le sacrifier),

voilà que Nous l’appelâmes  »Ibrahim ! Tu as confirmé la

vision. C’est ainsi que Nous récompensons les

bienfaisants ». C’était là certes, l’épreuve manifeste. Et

Nous le rançonnâmes d’une immolation généreuse

(un mouton). Et Nous perpétuâmes son renom dans la

postérité :  »Paix sur Ibrahim ». Ainsi récompensons-

Nous les bienfaisants ; car il était de Nos serviteurs

croyants. » [Coran 37/99-111]

Ce sacrifice est réalisé par les pèlerins lors du hajj, mais pour ceux

qui ne font pas le hajj, ce sacrifice est tout de même majoritairement

considéré comme une sunna fortement recommandée. Il doit

impérativement être réalisé après la prière de l’Aïd :

Le Prophète (PBSL) disait : « La première chose par laquelle nous

commençons notre journée (du Aïd) est la prière, ensuite nous

rentrons (chez nous) et accomplissons le sacrifice. Celui qui aura fait

ainsi, qu’il sache qu’il aura accompli notre sunna. Et celui qui aura

sacrifié avant la prière qu’il considère la viande comme une aumône

qui ne sera pas considérée comme sacrifice. » (Bukhârî, Muslim)

Le fait de débuter cette journée par une prière, démontre le sens

profond que l’islam donne à la notion de fête. Ce jour vient en effet

marquer et clore une période importante d’adoration : les 10

premiers jours de dhul hijja qui sont mentionnés dans le Coran.

Ainsi, s’il est recommandé de fêter au sens premier ce jour, la fête

est avant tout une joie qui repose sur le rappel de Dieu. Il ne faut

donc pas confondre avec l’idée de fête qui pousse à l’oubli, pour

évacuer la pression d’un mode de vie déséquilibré et notamment par

le biais de la consommation d’alcool pendant les fêtes de fin

d’année.

Un certain nombre de pratiques viennent chaque année animer ce

jour où raisonne le nom de Dieu. Le Prophète (pbsl) a dit : « Les

meilleurs jours sont la première décade du mois de Dhoul

Hijja » [Al-Bazzâr) et il est recommandé de commencer à réciter les

formules de takbir tel que « Allahu Akbar, Allahu Akbar, La ilaha

ila’llah. Allahu Akbar, Allahu Akbar, walilahil hamd », dès la prière

du maghreb qui précède le Aïd, certains considèrent qu’il est même

recommandé de commencer au fair du jour de ‘arafat (le 9 dhul

hijja). Il est recommandé de poursuivre ces invocations jusqu’au 13°

jour de dhoul hijja après le ‘asr, notamment après chaque prière. Il

est également recommandé de faire ses grandes ablutions et de se

vêtir de ses plus beaux vêtements pour honorer le cadeau de Dieu en

ce jour de fête.

La majorité des savants considère que le délai pour réaliser le

sacrifice s’étend sur trois jours[1], et certains savants estiment que

la période est de quatre jours[2] car les journées du sacrifice réalisé

par le pèlerin s’étendent sur quatre jours.

Les conditions que doit remplir le sacrificateur

C’est le chef de famille qui a la charge de faire procéder au sacrifice.

Il peut le faire directement ou demander à une autre personne [4],

homme ou femme, de s’en charger. Il est vrai que la législation rend

la délégation presque incontournable, mais nous ne pouvons que

recommander à toute personne qui peut encore trouver des

solutions pour réaliser soi-même l’abattage de le faire. En effet, le

lien avec l’animal qui va être sacrifié à Dieu est très important pour

nouer la boucle du rapport au Créateur dans la prise de conscience

de Sa création. Il ne s’agit en effet pas uniquement d’un morceau de

viande à consommer ou offrir mais d’un événement marquant ce

lien fort entre les créatures qui se soumettent ensemble au Créateur,

à l’image d’Ismaïl qui accepta de se soumettre à l’épreuve du

sacrifice lorsque son père Ibrahim lui fit part de son rêve.

Par contre celui qui procède au sacrifice de l’Aïd ne doit plus se

couper les cheveux ni les ongles, sauf cas de nécessité, à partir du

1er Dhul Hijja[5] jusqu’au moment du sacrifice. En cas d’oubli, il est

majoritairement admis que cela est pardonné.

La majorité des savants considère par ailleurs qu’il est possible de

réaliser le sacrifice de l’Aïd pour une personne défunte, bien qu’un

grand nombre de savants conditionnent cet acte par le fait que ce

dernier en ait fait la demande avant sa mort.

L’animal

Les textes font généralement référence au sacrifice d’un mouton de

plus d’un an et il est donc préférable de s’atteler à respecter

cette tradition. Toutefois, il est possible pour plusieurs familles de

s’associer pour le sacrifice d’une autre espèce.

Par ailleurs l’animal doit être exempt de certains défauts qui

rendraient le sacrifice non valide, tels que :
–         L’animal borgne.
–         L’animal malade, (symptômes visibles, …)
–         L’animal handicapé physiquement (s’il boîte par exemple).
–         L’animal trop maigre ou chétif.

Il existe aussi d’autres recommandations secondaires qui

ne conditionnent pas la validité du sacrifice. Ces conditions

montrent que le sacrifice de l’Aïd al-Adha n’est pas comparable à un

abattage le reste de l’année. La consommation de viande était une

exception à l’époque du Prophète (pbsl) et de nombreuses études

démontrent que cela est préférable pour la santé et l’environnement.

La viande était essentiellement consommée lors d’occasions

particulières, notamment lors de la réception d’invités d’honneur.

Le jour du Aïd, il est recommandé de partager la viande avec les

pauvres et les proches qui sont donc les invités d’honneur de ce jour.

L’Aïd est encore une fois une école de la vie finalement qui nous

impose de recréer du lien avec les proches mais aussi avec les plus

démunis qui seront nos invités d’honneur. On choisit donc pour cela

un animal qui ne comporte pas de défaut, avec des conditions

élevées pour bien marquer que le fait d’être un invité d’honneur

désigné par Dieu est bien plus important que le rang social, le statut

politique, etc qui font malheureusement office de normes dans nos

vies.

Le sacrifice

Etant considéré comme un acte cultuel, le sacrifice doit être fait avec

l’intention dès l’achat de la bête pour la majorité des savants et

surtout au moment du sacrifice. Le rapport à la création n’a de sens

que parce qu’il nous rappelle notre interdépendance en tant qu’être

crée, alors que le Créateur s’auto-suffit. Sacrifier une créature de

Dieu, pour Dieu pour mieux se souvenir que nous dépendons de

Dieu et que nous rendrons compte des dons de Dieu à Dieu.

Il est recommandé de coucher l’animal en direction de la Qibla et de

dire : « Ô Allah ceci est de ta part et pour Toi, agréé-le de ma

part. »[6] Le Prophète (PBSL) avait aussi pour habitude de dire :

« Au Nom de Dieu. Seigneur, agrée ce sacrifice de Muhammad, de la

part des proches de Muhammad et de la part de la communauté de

Muhammad. » [Muslim]

Si le sacrifice est réalisé pour une autre personne, il faut bien

préciser le nom de la personne au moment de la saignée « Ô

Allah, accepte de la part d’un tel. »

Aujourd’hui, les gens se précipitent pour disposer de leurs agneaux

dès le premier jour du Aïd et n’hésitent pas à entrer dans des

conflits avec leurs bouchers ou d’autres clients. Il faut garder à

l’esprit le sens de ce jour et il est même préférable de pratiquer le

sacrifice le deuxième ou troisième jour dans la sérénité et la

quiétude plutôt que de s’oublier et d’oublier le but de cette journée

de rappel et de partage.

Certains ont fait le choix de boycotter la pratique du Aïd du fait des

tarifs abusifs. Ce boycott se comprend et peut même être considéré

comme légitime dans certains cas, mais il ne doit pas être envisagé

comme une solution pérenne. Boycotter doit être une solution

intermédiaire afin de pouvoir trouver des solutions permettant de

réaliser le sacrifice dans des conditions dignes, de solidarité réelle,

de partage et de fraternité. De nombreuses associations locales

œuvrent en ce sens, il ne faut donc perdre l’espoir.

Puisse Dieu nous accorder la proximité d’Ibrahim, d’Ismaïl et de

Mohamed (pbsl) au paradis ainsi que les œuvres qui nous

rapprochent d’eux.

 

Source:ufcm.fr

 

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