LES MOTS NE SUFFIRONT PAS…

Le regard intelligent plein d’affection s’est à jamais fermé.

Je n’entendrai donc plus la voix pleine de tendresse et de patience répondre à mes interminables questions?!

Implacable réalité!

Vous aviez toutes les réponses à mes questions. 

Sans jamais montrer de lassitude, avec sourire, vous prenez chacune d’elles avec grande considération me félicitant de les poser

Me remerciant de la considération que je vous accorde pour m’être dirigée vers vous.

Je me rappelle que lors d’une interview sur le Ramadan que vous avez accepté d’accordé à Islam Info par le biais de mon dictaphone, dès les toutes premières questions, toutes ma liste de questions avait été répondue et avec d’autres informations suplémentaires auxquelles j’avais pas songé dans mon questionnaire.

Votre intelligence, votre science, votre sagesse, votre humilité, votre humanisme dissuadent quiconque de mettre du temps à aller échanger avec vous.

Vous rendre visite m’était une source d’édification

Et après chaque échange avec vous, j’étais encore plus amoureuse de ma religion.

Car vous saviez si bien l’expliquer qu’on ne peut voir en l’Islam que miséricorde et source d’élévation.

L’humilité a orné votre vie malgré la bibliothèque de science que vous étiez.

La piété etait bien amoureuse de vous et vous la lui rendiez si bien.

La générosité avait emprunté votre nom; chaque visite chez vous enrichissait tant en science, en affection, en bon comportement qu’en matériel.

Je me rappelle que je le veuille ou non, que je l’accepte ou non, vous avez toujours réussi à ne jamais me laisser retourner sans me remettre quelque chose.

« Ce n’est pas beaucoup. C’est pour ton transport.

Mais c’est trop ça Cheikh, Adjamé n’est pas loin d’Abobo, le transport n’est pas aussi élévé et j’ai de la monnaie ici. Et puis d’ici à chez moi on peut même marcher hein, tentais -je de vous convaincre en vain.

-Accepte cela de moi stp. J’aurai voulu te donner mieux. 

Mais…. »

Il n’y avait pas de mais qui tint avec vous Cheikh aussi intelligent que généreux .

Pour vous le visiteur est très valeureux.

J’entend encore votre voix me suggérer ces conseil:

« Ma fille, même s’il n’a pour couchette que le sol nu, pour oreiller que ses paumes et pour nourriture que l’herbe sauvage, marie-toi avec l’homme qui t’accordera de la valeur, qui te respectera »

Vous aimiez aussi cette phrase pour mettre en garde contre la désobeissance à Allah:

« Lorsqu’on refuse une cola d’Allah, on chargera le panier de cola de cheytone. »

Où trouverai-je un autre Youssouf Diarra?

L’Adab ( bonne moralité), le Ilm (savoir) et la taqwa (piété) rimaient votre vie.

On ne peut être avec vous et vouloir repartir vite. Je ne voyais pas le temps passer conversant avec vous. 

Ya Rassouloullah, il m’a informé de la religion comme il l’a apprit de toi. 

Allah fasse de Lui un de tes compagnons dans le paradis de la proximité divine ! 

Où trouverai- je un autre Youssouf Diarra si disponible qui avait toujours du temps pour le visiteur traité comme un roi?

De retour au pays pendant les vaccances, j’ai appris que vous étiez malade et toutes mes tentatives de vous voir échouèrent. Vous étiez soit allé à l’hôpital soit vous vous reposiez. 

Cette nuit là de saison pleuvieuse avec l’embouteillage qui en resultat sur les axes Abobo-Adjamé, j’ai marché afin de vous voir, essayant de chasser cette voix qui ne cessait de me chuchoter, « Il faut que tu le vois avant ton retour en Turquie.

Rien ne prouve que vous reverez la prochaine fois que tu reviendras »

Mais arrivée, je ne puis vous voir, vous seriez couché m’a-t-on appris.

Toute triste je repartie, mon Cheikh qui restait souvent bien tard dans son bureau garni de livre, dans son ecole, était bien obligé de se coucher tôt maintanant, la maladie a eu raison de lui.

Et la petite voix a eu raison de moi

La triste information tombée;

Dans la miséricorde d’Allah, mon Cheikh s’en est allé.

Allah t’agrée Cheikh Youssouf Diarra !

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