LE MAWLID AN-NABAOUI 

Le Mawlid an-nabaoui ou Naissance du Prophète est célébrée le 12 rabîʿ al awal 1440H , troisième mois du calendrier musulman. naissance du Prophète correspondant au mardi 20 novembre 2018 . Sujet à contreverse, le 20e siècle verra son officialisation. Depuis 1910, il est devenu fête nationale dans l’Empire ottoman. Dans la grande majorité des pays musulmans, c’est un jour férié et une cérémonie officielle, à laquelle assiste le chef du gouvernement, est célébrée dans l’une des mosquées de la capitale.

Poèmes, pèlerinages et processions

Il n’y a pas de prière spécifique à cette fête comme celle de ʿÎd al-Fitr ou ʿÎd al-Adhâ. Néanmoins des rencontres et des conférences, qui rappellent la vie du Prophète, sont organisées au sein des mosquées ou des zaouias qui sont des édifice religieux musulman tenu par une confrérie. Au centre de ces cérémonies se situe la récitation d’un mawlid. La célébration du Mawlid met à l’honneur des poèmes relevant du genre littéraire arabe le panégyrique, al madh. En référence à cette fête, on les appelle aussi mawlidiyyat (sing. mawlidiyya, poème composé en l’honneur du Prophète à l’occasion de l’anniversaire de sa naissance). Ces récits suivent généralement une même séquence : louanges à Dieu comme introduction, invocations, avant de passer à la naissance du Prophète qui est précédée d’un récit de l’annonce miraculeuse faite à sa mère, Âmina qu’elle porte en son sein un Prophète.

L’un des poèmes les plus connus est Qasidat al-Burda, Le poème du manteau, écrit sous la plume de Sharaf Muhammad al-Din al-Busîri (1211-1294) à la gloire du Prophète d’Egypte. Al Busîrî était atteint de paralysie quand il vit le Prophète en rêve plaçant son manteau sur les épaules ; quand il s’éveilla il était guéri de son mal. Il est de coutume de réciter ce burda, ou « poème du Manteau » d’al Busîrî qui se compose de dix chapitres, dans les mosquées pendant le Mawlid. Au Sénégal, où ce poème s’appelle Bourdou, on déclame un chapitre de ce poème durant les dix jours qui précèdent al Mawlid.

L’un des mawlids en arabe les plus largement récités actuellement est celui qu’a composé Jaʿfar b. Hasan al-Barzanjî (m.1119/1765) connu sous le titre ʿÎqd al-jawâhir. Le plus populaire des mawlids en turc (appelé Mevlid) est celui de Süleymân Celebi (m.825/1421) qui est toujours récité dans les mosquées de toute la Turquie lors de la célébration de l’anniversaire du Prophète. On retrouve ces récits dans les différents pays musulmans où le Mawlid se décline en plusieurs langues : arabe, peul, persan, wolof, bengali, swali, albanais…

C’est au sein des différentes confréries rattachées au soufisme (mystique musulmane) que la commémoration du Mawlid à une place de choix. À part les chants et les danses, cette fête s’accompagne aussi de pèlerinages et de processions. C’est le cas de la confrérie Tijâniyya répandue au Maghreb (Maroc et Algérie) et en Afrique subsaharienne (Sénégal et Mali). Considérée comme l’une des villes saintes de ce mouvement mystique au Sénégal, la ville de Tivaoune attire lors d’al Mawlid de nombreux disciples de la Tijâniyya pour commémorer la naissance du Prophète. Le terme gamou qui désigne en wolof le mois de rabîʿ al awal renvoie aussi au pèlerinage d’al Mawlid. Ici cette date inclut la célébration du Mawlid mais c’est aussi la réunion annuelle de ses membres.

La ville de Salé au Maroc est connue pour son moussem (fête annuelle qui associe une célébration religieuse à des activités festives et commerciales) des cierges de Moulay Abdallah Benhassoun qui a lieu lors du Mawlid. Cette tradition remonte au règne du Sultan saâdien Ahmed El Mansour Addahbi (1578-1603), qui lors de son séjour en Turquie avait été très impressionné, par les festivités marquant al Mawlid an-nabaoui, particulièrement par la procession des cierges. Il décida alors de consacrer et faire valoir cette tradition ottomane d’Istanbul. Le Sultan chargera le soufi Sidi Abdellah Benhassoun (1515-1604) de veiller au bon déroulement de ce moussem, devenu par la suite l’apanage de sa descendance.

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