LA FOI M’A GUÉRIE…

Salam alaykoum les sœurs,

Dur pour moi de vous parler de cette épreuve qui m’a frappée il y a quelques années,

mais c’est une chose qui touche énormément de monde dans notre communauté ou autre,

et vous la raconter fait partie en quelque sorte de ma thérapie.

J’ai passé du temps à me demander quel était mon vrai problème … de dépression en dépression,

d’insomnie en insomnie, le mal être a pris dans ma vie une très grande place …

Une trop grande place ! On ne sait plus qui on est, ni pourquoi on vit, on demande à Dieu

avec le peu de foi qu’il nous reste de nous ôter la vie, tellement la souffrance est immense …

On désespère d’ALLAH, on ne comprend plus les gens, et les gens ne nous comprennent plus.

Ca fait mal, et personne ne le voit. J’ai envie de crier au monde entier et de leur cracher au visage

ma douleur, mais paradoxalement je souris. Je me suis mis sur le visage un masque :

celui d’une fille qui respire le bonheur, alors qu’à l’intérieur c’est un feu ardent qui me consume …

tout doucement.

Et arrive ce jour, ou on pleure tellement que l’on arrive à épuisement. Que faire ?

On prie, on prie mais rien. Allah m’éprouve et je fini par croire qu’Il ne m’aime plus. Alors à quoi bon ?!

Le passé j’y pense, sans cesse, je passe et repasse en revue mes échecs, mes malheurs.

Aurai-je-moi aussi un jour à ma part de bonheur, ou je ne suis pas faite pour ce dernier ?

J’avais perdu le goût de vivre, de me battre, et j’attendais patiemment, en silence, que Dieu me reprenne…

Un jour je feuillète un livre sur la vie du prophète salallahu alayhi wa salam … Je continue de prier,

mais sans saveur, le cœur éteint ! Et puis sans comprendre pourquoi, je reprends goût

au fil des lignes que je lis… à la vie. Quel exemple ! Quel Courage !

Qui suis-je moi pour me plaindre ? Ce n’est rien à coté de ce que notre prophète à endurer …

je prends sur moi, mais j’ai du mal avec les actes d’adoration. J’ai des haut-le-cœur,

je me sens oppressée dès que l’on me parle de religion, j’ai l’impression d’avoir le corps compressé

dans un étau, j’ai mal de ressentir ce dégoût pour Allah alors qu’au fond de moi je suis sûre de L’aimer.

Alors pourquoi suis-je comme ça ? Pourquoi ai-je cette aversion pour le bien,

pourquoi tout ce wess wess a l’égard de mes frères et sœurs ? Sans parler de ces voix que j’entends

le soir avant de dormir depuis des années, ces rires d’enfants, les pleures, des conversations de femmes

aux voix différentes. J’ai l’impression de devenir folle !!! Je vais finir en HP, c’est sûr…

J’ai mal ! Mon Dieu que j’ai mal !

Cela devient au fil des mois de plus en plus insupportable. Les cauchemars s’enchainent,

les rêves « impudiques » aussi, et mon comportement envers les personnes qui m’entourent

devient de plus en plus étrange…

Je ne supporte plus ma famille, ni mes amies, les hommes me fuient alors que je ne cherche

que le mariage, je m’isole, et j’implore ALLAH pour que ma tête n’explose pas. Je ne sais plus

vers qui me tourner.

Un homme de science peut être saurait me conseiller. J’écris donc un mail à cet imam

qui me fait sourire à chacune de ses conférences. Il me répond rapidement, et me rassure

en me disant qu’il va m’aider. Il m’appelle, et rien qu’en entendant sa voix , j’ai les larmes aux yeux,

le cœur qui s’emballe et les mains moites. Je l’écoute et je me rends compte que c’est plus grave

qu’une simple dépression. Il me conseille de regarder une vidéo sur les djins et la possession.

Plusieurs symptômes y sont décrits… Je les ai quasiment tous… et là je comprends mieux !

Les mois passent, je décide envers et contre tout de me voiler, les nuits deviennent

de plus en plus difficiles.

Cependant je me raccroche à Dieu et  j’essaie de me dire que tout va bien, et que je n’ai rien du tout.

Je suis dans le déni le plus total, et malgré ce déni les choses s’accélèrent : malaise, maladie,

et cette tristesse que je traine depuis des années qui me rongent de plus en plus.

L imam décide de me faire une roqya, dans les règles, une vraie. Je n’ai pas de mahram

donc je m’entoure de sœurs.

A peine je le regarde, que des larmes coulent le long de ma joue, il commence à réciter

le Quran et je tremble, je crie, je hurle, mon corps devient incontrôlable, et je pleure

comme une enfant. J’essaie de reprendre le dessus sur ce phénomène inexpliqué, mais impossible,

je ne suis plus maîtresse de mon corps.

Il m’asperge d’eau coranisée, et là ce sont des millions de petites lames qui me transpercent, j’ai froid ,

mais je suis brûlante. Puis au bout de 25 minutes j’arrive à reprendre mes esprits. Je comprends enfin

ce qui m’arrive et je suis forcée de constater que j’ai un réel problème. Du sihr (sorcellerie),

du mauvais œil,je suis possédée par un ou plusieurs djins. Je suis complètement dévastée.

La vie reprend son cours, mais j’ai tellement envie de guérir que je change radicalement

ma façon de vivre. Je porte mon voile différemment, j’évite les personnes et les lieux

peu fréquentables, j’essaie de me rapprocher de mes sœurs, plus de dhikr,  je retourne

dans les mosquée … Un vrai relooking intérieur .

Je fais fasse à l’incompréhension générale de mes pseudo amis un peu trop cartésiens…

« Mais nan tu es juste un peu fatiguée, va voir un psy ca ira mieux … tu as fait face

à des épreuves difficiles donc tu perds pieds » En d’autres mots : tu es folle !

Je vous passe les dires de ces personnes, Dieu en est témoin que beaucoup n’ont pas

été tendres avec moi…

Les roqya s’enchainent, la douleur physique et mentale fait rage puis petit à petit

je me sens mieux…Je me sens plus proche d ALLAH. Je retrouve cette saveur perdue

et comprend enfin le but de cette épreuve.

Mais mon cas empire, les crises se déclenchent à la moindre contrariété. Le coran devient

à l’écoute insupportable, je re-déserte les mosquées, j’évite les sœurs, et je m’isole.

Le pire c’est que je suis convaincue à cet instant que je vais bien.

Par la Grâce d’ALLAH, je rencontre une sœur qui me convainc de faire une psychothérapie.

Les djins ont le contrôle sur nos pensées et jouent avec le moindre de nos souvenirs.

Ils appuient sur les plus douloureux pour nous rendre les plus tristes possibles

et nous éloigner de notre Rabb.

Avec le temps et cette thérapie j’ai repris le contrôle de mes émotions.

Bien qu’elles restent parfois dures à maitriser. Le mental est très important

dans ce type d épreuve .Les djins pénètrent les cœurs malades et esseulés.

Aujourd’hui mon épreuve n’en est pas moins difficile, mais j’ai enfin intégré

et je suis convaincue que SEUL et je dis bien SEUL ALLAH est capable de me guérir,

mais je dois faire les causes et renforcer ma foi.

Peut-être que sans cette épreuve, je n’aurai pas pris conscience que la pratique

est très importante et essentielle à ma vie. Nous préparons nos bagages pour l’au-delà,

et ALLAH Azawajel m’a fait comprendre, par tout ça, et par ces deux années et demi de lutte,

que rien n’est jamais acquis et que la foi est une chose qui doit sans cesse être travaillé et remise en question.

La foi est la colonne vertébrale de notre vie, sans elle tout s’effondre. Mon monde s’était écroulé,

mais ALLAH m’a aidée à le reconstruire par l’épreuve de la maladie, Al Hamdoulilah. Pendant ces deux années,

il a mis sur mon chemin des personnes formidables, m’a éloignée des mauvaises et préservée de la tentation

de satan maudit soit-il. Peu importe ou vous en êtes dans votre combat, mais gardez en tête que la guérison

ne dépend que d’ALLAH et de nous-même …

Une femme m’a dit une phrase très juste et très vraie : « ALLAH sera avec nous comme on le voit. »

 Il sera mon guérisseur, je le sais, ça prendra le temps qu’il faudra …

Par ce témoignage, je viens également vous demander vos du’as. La fatigue me gagne beaucoup,

et a raison de moi en ce moment. Alors pensez à vos frères et sœurs dans l’épreuve

et multipliez vos invocations pour que nous nous sortions de ce que je qualifie d’enfer sur terre.

Que Dieu vous bénisse et vous préserve de tout mal.

Anonyme.

Source:imanemagazine.com

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