KAMISSA CAMARA, 35 ANS, NOUVELLE MINISTRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES DU MALI

Kamissa Camara était, depuis juillet dernier, conseillère

diplomatique du président malien Ibrahim Boubacar Keïta, la

première femme à ce poste au Mali. En tant que ministre des

affaires étrangères et de la coopération internationale, elle pourra

ainsi poursuivre son objectif qui est celui de « construire des

passerelles politiques avec l’Afrique ». En effet, Kamissa Camara se

donne pour mission d’aider l’Occident à comprendre la politique

africaine, en construisant des passerelles politiques et intellectuelles

entre l’Afrique subsaharienne, l’Europe et les États-Unis. Son

mantra: enrichir la politique étrangère des pays occidentaux avec

des accents africains. « En tant que femme américaine née et élevée

en France par des parents ouest-africains, je fournis des analyses

mettant en évidence les spécificités religieuses et culturelles du

continent », explique-t-elle​. La politique africaine, la démocratie, la

sécurité et la bonne gouvernance sont l’essence de son travail, de ses

réflexions et de ses publications.

Malienne d’origine, née à Grenoble (France) et devenue américaine,

Kamissa Camara revendique cette triple culture. Elle est titulaire

d’un Master en économie du développement international, obtenu à

l’université Pierre Mendès France à Grenoble et d’une Maîtrise en

langues étrangères appliquées, spécialité relations internationales

de l’université Denis Diderot à Paris. Elle est également détentrice

d’un certificat d’études de l’école de hautes études internationales et

politiques.

Début de carrière aux USA

C’est en 2007, qu’elle s’expatrie aux USA, après avoir gagné à la

loterie américaine grâce à un ami qui avait joué pour elle. Elle était

alors en stage de fin d’études à la Banque africaine de

développement à Tunis. Aux USA, elle intègre la Fondation

internationale pour les systèmes électoraux (IFES), où elle est en

charge de l’Afrique de l’Ouest. Elle y est « Facilitatrice Expert

BRIDGE ». BRIDGE signifiant «Construire des ressources en

démocratie, gouvernance et élections», un programme complet de

renforcement de capacités en matière de gouvernance politique et

d’administration électorale.

Elle a ainsi formé plus de 300 responsables électoraux au Sénégal,

au Niger, en Guinée, en Côte d’Ivoire, aux États-Unis, au Mali, au

Burundi, au Nigeria, au Gabon, en France, en Ouganda, au Tchad et

en république démocratique du Congo (RDC) sur les opérations

électorales et la gestion électorale en utilisant la méthodologie

BRIDGE. Les sujets de formation concernent notamment la

délimitation des circonscriptions électorales, l’enregistrement des

électeurs et la technologie d’enregistrement des votes.

Consolider la démocratie

En 2012, elle rejoint le National Endowment for Democracy (NED),

où elle devient, par la suite, vice-directrice des programmes Afrique

de l’Ouest et du Centre. Le NED est une fondation privée à but non

lucratif dédiée à la croissance et au renforcement des institutions

démocratiques dans le monde et qui, chaque année, accorde plus de

1 600 subventions pour soutenir les projets de groupes non

gouvernementaux à l’étranger dans plus de 90 pays. Avec le NED,

Kamissa Camara travaille particulièrement sur le mali, où le NED

n’avait aucun programme quand elle a été recrutée, juste après le

coup d’État de 2012.

Le NED y compte aujourd’hui plusieurs partenaires sur le terrain et

Kamissa Camara s’est rendue plusieurs fois au Mali, notamment à

Tombouctou, pour identifier les partenaires et s’assurer que ces

organisations étaient stables et solides. Elle a également visité

d’autres pays sur le continent pour évaluer les contextes politiques,

rencontrer les partenaires du NED, vérifier que l’argent est bien

utilisé et identifier de nouveaux partenaires.

Promouvoir les valeurs démocratiques au Sahel

Jusqu’à Décembre 2017, Kamissa Camara était rattachée au Centre

d’études africaines de l’université d’Harvard et à Foreign Policy

Interrupted, une organisation qui lutte contre la disparité entre les

genres grâce à une plate-forme de visibilité, un programme de

bourses, une formation aux médias et un mentorat significatif dans

les institutions médiatiques partenaires.

Elle a également été, jusqu’en juin 2018, Directrice Afrique de

l’ONG américaine PartnersGlobal. A ce titre, elle supervisait des

programmes de réforme du secteur de la sécurité, d’assistance à la

société civile et d’accès à la justice aen Afrique subsaharienne, en

donnant des orientations stratégiques pour promouvoir un dialogue

entre société civile, gouvernements et institutions régionales

Kamissa Camara est aussi la fondatrice et coprésidente du Sahel

Strategy Forum, un forum de discussion qui fournit une plate-forme

aux bailleurs, aux responsables de programmes d’ONG, aux

universitaires, à la société civile et au secteur privé pour promouvoir

les valeurs démocratiques et renforcer le développement à travers le

Sahel.

Parlant couramment le français, le bambara et l’anglais, Kamissa

Camara est régulièrement invitée sur les plateaux télé de chaînes

internationales pour discuter de politique en Afrique. Elle a

également publié ses analyses politiques en Anglais et en Français

dans plusieurs journaux.

 

 

Source : africanshapers.com, Afriquefemme.com

Laisser un commentaire