J’AI TROUVE L’AMOUR A JÉRUSALEM…

Vous vous souvenez du très joli témoignage de Virginie concernant son amour pour Jérusalem ? Eh bien le moins qu’on puisse dire c’est que le titre de l’article était de circonstance ! En effet, Virginie a trouvé l’amour par 3 fois à Jérusalem : elle est tombée amoureuse de la ville, son coeur a vibré de l’adoration de Son Seigneur… et elle y a même trouvé la moitié de sa foi. Qu’Allah préserve leur mariage et leur accorde une pieuse descendance.

Un lieu cher à mon coeur

Comme vous le savez j’avais (et j’ai toujours) un très grand amour pour Jérusalem. Ses pierres, son ciel, ses oliviers et sa mosquée Al-Aqsa, un endroit très cher à mon coeur, dans lequel il n’y a aucun ressenti similaire sur la Terre. Et tous ceux qui ont eu la chance d’aller prier à masjid al-aqsa confirmeront. Au total, par la bénédiction d’Allah, j’ai pu m’y rendre 7 fois. Je me rendais à Jérusalem, terre sainte parce qu’aussi je n’avais pas la possibilité de me rendre et de visiter La Mecque et Médine. Pour la simple raison que j’étais célibataire et sans mahram pour m’accompagner.Bien évidemment, j’aurais aimé y aller avec un mari ou un mahram, mais malheureusement je n’en avais pas.

Le mariage et moi

Comme beaucoup de musulmanes célibataires, je souhaitais rencontrer ma moitié et me marier. C’était un souhait intérieur, car il n’y a pas à dire, on ne se sent pas complet lorsqu’on est seul. Et cela est logique car SubhanAllah, Allah nous a créé par paire : mâle et femelle.  Et c’est bien pour cette raison que l’un ne marche pas sans l’autre. Aujourd’hui, le mariage relève du miracle.J’ai beaucoup de femmes célibataires dans mon entourage et je n’oublie pas qu’il y a peu de temps, j’étais moi aussi dans ce cas. J’ai connu cette difficulté où je me disais : « mais quand est ce que cela arrivera ? » et un jour, je me suis dis : « peut-être que ça n’arrivera jamais tout simplement». On voit le temps passer, et le temps n’arrange pas les choses, car on se voit vieillir, on se sent moins désirée et moins désirable. On se dit : «  qui va vouloir d’une fille trentenaire proche ou passée ? »  Personne. On fait peur, on a peur. On redoute la question : « pourquoi ne t’es tu jamais mariée ? ». On se pose des tas de question. Puis un jour, on accepte. J’avais commencé à faire un travail psychologique sur moi-même, où je me disais : « Allah ne m’a peut être pas écrit de mari, ni d’enfant » Et c’est peut-être mon épreuve. Et là, c’est le monde de Walt Disney qui s’écroule ! Pas de prince charmant, pas de cheval blanc !

Retour aux sources : l’Amour d’Allah

A ce moment, je me suis dis qu’il fallait que j’envisage de voir ma vie différemment. Un retour au source : l’adoration d’Allah. (« Et Je n’ai créé les hommes et les djins que pour qu’ils M’adorent »)J’ai réfléchi longuement et j’ai pris une décision : consacrer mon temps à l’adoration, l’apprentissage de la science et si Allah me le permettait, la transmission du savoir.J’ai donc décidé de marquer une pause dans ma vie (arrêter mon travail avec l’intention d’aller étudier la langue arabe dans un pays musulman).Et pour bien commencer, j’ai choisi de démarrer ce voyage par le mois de Ramadan à Jérusalem. Parce que Jérusalem, je me sens tellement bien là-bas. Je me sens apaisée, paradoxe quand on sait que la région est en guerre. 

Direction Jérusalem !

Je débarque à Jérusalem avec l’intention d’y faire mon mois de Ramadan, mes prières, mes invocations et puisqu’on y est : ‘i’tikaf. Et voici le moment de l’année le plus attendu : les 10 dernières nuits du Ramadan, renfermant la merveilleuse nuit du destin.
Je débarque donc à la mosquée Al-Aqsa avec 2 sacs, mes « essentiels ». Prête pour 10 jours et 10 nuits à la mosquée. Un seul but : Adorer Allah. Objectifs : Atteindre la piété, le recueillement, se repentir, demander pardon, invoquer pour le présent, pour le futur, pour soi-même, pour les proches …

Un vol sur l’esplanade !

Première nuit (21ème nuit du ramadan) : prière la moitié de la nuit, invocation, rappel d’Allah… je m’endors sur les pierres dans un coin de l’esplanade, après le lever du soleil. Premier réveil vers 9h30 par la chaleur et le soleil et première surprise : il me manque un sac ! Oh mon Dieu, je crois rêver. Pendant que je dormais sur l’esplanade de la mosquée Al-Aqsa à Jérusalem, dans les 10 dernières nuits du Ramadan, quelqu’un m’a volé mon sac !!! Choquée. Je m’assois, je réfléchis. Qu’y avait-il dans se sac de si important ? C’était mon essentiel « beauté » (savon, shampooing, déodorant, brosse à dent, dentifrice, serviette de bain d’une valeur sentimentale car offerte par ma défunte grand-mère paternelle brodée avec mon prénom, baume à lèvre, crème solaire, brosse à cheveux bien chère en poils de sanglier naturels, lotion visage, gant, poudre parfumée pour le corps…)En bref : mes essentiels de mon quotidien de femme victime de la consommation. En résumé : Rien d’utile.Et là, pendant l’espace d’une seconde, je me dis : «  Qu’est-ce que je fais ? je romps mon i’tikaf ? » NON. Je continue et je tire des leçons de cette expérience. 

Une vrai leçon

Me voilà face à mes défauts : Je suis entrée en i’tikaf pour adorer Allah avec de quoi L’oublier pendant plusieurs heures. Alhamdoulillah, je remercie Allah, car la disparition de ces biens m’épargnera peut être un malheur ou encore c’est peut-être tout simplement une purification de mes biens. Je réalise aussi que je vais devoir me détoxifier de mes addictions quotidiennes (sans doute un message fort et une leçon me concernant car j’avais ce défaut d’y passer mon temps et mon argent, qu’Allah me pardonne et me guide).
Donc voilà, première nuit, première difficulté, première leçon. Je me retrouve à continuer mon i’tikaf avec 2 jilbab, mon coran, mon tapis de prière, mes effets personnels (passeport, clés, argent…) qui avaient été conservés dans un sac sur lequel je dormais. Et voilà mes vrais essentiels.

Et si c’était LA Nuit ?

25ème nuit, prière de nuit, invocation, récitation du coran, dhikr mais particularité cette nuit-là : elle est douce, ni chaude ni froide, elle est calme et apaisante, à aucun moment je ressens de la fatigue… Et si c’était LA Nuit ?Qu’est ce que je demande ? J’en profite pour demander un mari, être invitée au pèlerinage, … tout ce qui me passe par le coeur. A qui demander si ce n’est à Son Créateur ?
27ème nuit, loin d’être paix et salut jusqu’à l’aube, il y a des affrontements sur l’esplanade : feu, fumée, balles type flashball fusent toute la nuit. On ne se laisse pas déconcentrer, on continue à prier et demander à Allah.
Et enfin la fin de l’i’itikaf. Dernières heures, dernières minutes, je quitte la mosquée, les larmes dans le coeur. Je vais me laver (enfin !!) et me préparer pour l’Aïd. J’ai oublié de vous raconter : pendant les 10 derniers jours, j’ai rencontré un groupe de touristes français au Dôme du rocher. Il y avait l’accompagnateur, un jeune homme plutôt charmant, qui effectuait la visite avec les femmes de son groupe. Ce groupe de pèlerins effectuaient la visite des 3 lieux saints pendant le Ramadan avec 10 dernières jours à Jérusalem. On pouvait voir en eux les lumières de Médine et de la Mecque sur leurs visages. Je me souviens m’être fait la remarque : waouuuu, combiner La Mecque, Médine et Jérusalem dans un seul voyage pendant le Ramadan : c’est puissant !  Évidemment, dès que j’ai entendu parler français, je me suis levée 🙂 et je suis restée avec les dames le soir au moment de la rupture du jeûne. Les dames m’ont appréciée et m’ont demandé mes coordonnées.

Retour en France

Ce voyage était une fois de plus juste magnifique mais retour en France pour le retour au projet ! Je dois rentrer préparer mes valises, et décider du lieu où j’irai faire mes études. Quelques jours après mon retour, j’ai un appel sur mon téléphone… l’accompagnateur qui prend de mes nouvelles… Il me demande si je suis bien rentrée. En discutant, il me dit qu’il est célibataire, qu’il cherche à se marier et qu’il doit partir au hajj le 23 septembre (cette date me marque par ce que ce jour-là j’aurai 30 ans…) Quelle chance ! Et enfin, il me propose de tenter l’expérience «  se marier sans se fréquenter ». A ce qu’il paraît, ça marche, beaucoup l’ont fait, ils ont cherché la Satisfaction d’Allah et ont reçu la bénédiction dans leur mariage. J’avais tellement envie d’y croire ! Moi qui ne rencontrais plus personne, qui étais devenue trop difficile, trop exigeante, celle qui ne se marierait peut-être jamais…

Et ils se marièrent…

Ok, on essaie, on demande à Allah par la prière de consultation, et on continue à engager les choses. Il se présente à ma famille, fait une demande officielle à mon père. J’ai l’impression de rêver !!! Et il me propose de l’accompagner au pèlerinage le 23 septembre… Pincez-moi !!!Il dispose de la moitié de la somme sur son compte bancaire, toutes ses économies. Et comme Allah fait bien les choses… je dispose de l’autre moitié… (Le mariage prend tout son sens, je viens de rencontrer ma moitié) 
On prend une date à la mairie le 13 septembre 2014. Je débarque avec ma robe de mariée à l’agence de voyage (dernier délai pour fournir le certificat de mariage), on organise un repas le dimanche 14 septembre. 
Et 23 septembre 2014 : départ pour le Hajj, l’accomplissement de ma religion, le pilier qu’il me manquait…. YA ALLAH Merci. Comment Te remercier pour tous les bienfaits que Tu m’as comblé ? Je n’aurais jamais assez d’une vie pour Te remercier ;-(
Cela fait 2 ans déjà que je suis mariée alhamdoulillah. Je n’ai pas encore d’enfant mais j’ai compris que tout vient à celui qui sait attendre, patiente, et surtout s’en remet à Allah. Pour toutes les femmes célibataires, ne perdez jamais espoir en Allah ! N’oubliez jamais le destin ! Profitez du célibat pour vous remettre en question sur le but de votre vie, recentrez-vous sur l’essentiel ! 
Qu’Allah vous facilite mes soeurs, mes frères ! N’hésitez pas à placer votre confiance en Allah pour vous marier, cherchez uniquement l’accomplissement de votre religion. Qu’Allah vous facilite. Pour les jeunes mariés : faites du pèlerinage votre priorité ! C’est un pilier, n’oubliez pas. Les îles paradisiaques peuvent attendre.
Pour tout ceux qui m’ont lu, je vous aime en Dieu.

ImaneMagazine

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