COMMENT REPÉRER DES COLLABORATEURS STRESSES AU TRAVAIL?

Les études se succèdent pour démontrer que les salariés sont toujours plus nombreux à souffrir des conséquences du stress, démontrant l’impuissance des entreprises et des pays à juguler cette épidémie. Il devient donc crucial de trouver les moyens de protéger les groupes et les individus.

Or, s’il est plus ou moins facile de percevoir son propre niveau de stress, cela devient plus compliqué quand il s’agit de l’évaluer dans son entourage professionnel.

La première étape pour repérer le stress chez les autres est d’abord d’être capable d’en identifier les signes pour soi. Des échelles d’autoévaluation peuvent aider en donnant une mesure assez fine pour comparer les scores obtenus sur une population de référence et suivre l’évolution au cours du temps : c’est le cas de la MSP-9, créée par le Professeur Louise Lemyre de l’Université d’Ottawa. Si on est soi-même stressé, il est à peu près sûr que ses collaborateurs le soient aussi : le stress est un phénomène contagieux !

On est d’autant plus doué pour repérer quels collaborateurs sont stressés si on est soi-même empathique ou si on a su créer un lien relationnel de qualité. L’incapacité totale à repérer qui sont les collaborateurs stressés est un indicateur de la pauvreté du lien relationnel…

Imaginons que vous n’ayez aucune clef, que vous reveniez d’un long voyage et que vous soyez projeté dans une équipe que vous ne connaissez plus… Comment pouvez-vous trouver des indices de l’impact du stress chez des salariés ?

Pour répondre à cette question, faisons un détour par une notion fondamentale sur le stress décrite par Hans Selye, « l’inventeur du stress ». Il a décrit le syndrome d’adaptation généralisée, réaction d’adaptation à un facteur de stress, décomposée en 3 étapes :

1. L’alarme : réaction de fuite ou combat à court terme
2. La résistance : l’organisme s’adapte et résiste.
3. L’épuisement : décompensation
C’est cette réaction qu’on retrouve chez les salariés.

Pour être plus simple, il est possible de regrouper les symptômes par leurs initiales qui forment des acronymes…

Le collaborateur est :

1. (AïKIDO) : Agressif, Intolérant aux difficultés du quotidien ou impatient, K-Colérique, Irritable, Dénigrant, Opposant (il ne partage plus les informations, ne prend plus en compte vos remarques, il est souvent en retard).
2. (AIDE) : Absent (il fait de longues pauses, il est absorbé par son ordinateur), Inactif (moins impliqué), Détaché, Evitant les autres.
3. (BOF) : Baisse de la qualité du travail, Oublis et difficultés de concentration, il paraît très Fatigué.

Au niveau de l’individu comme au niveau de l’équipe, le niveau de stress est un indice de la productivité : si le niveau est trop élevé la productivité baisse. Les premiers signes psychologiques de stress sont fréquemment une dégradation du sommeil, des problèmes de concentration et de mémoire et la fatigue.

Comment fournir un travail de qualité ? Très rapidement l’implication diminue : c’est la réaction de fuite qui permet de se protéger et peut se transformer en arrêts de travail fréquents (d’autant plus que le stress augmente le risque de petites infections virales) et pourquoi pas en démission…

En conclusion, pour repérer les collaborateurs stressés au travail, il est d’abord fondamental d’être capable d’être au clair sur son propre niveau de stress et de savoir maintenir un lien relationnel de qualité dans les équipes. Le stress est un phénomène quasi-épidémique qui peut blesser les salariés comme l’entreprise : le management par le stress est une grossière erreur dans laquelle s’entêtent encore quelques dirigeants dépassés. Il est possible de manager sans stress et certaines entreprises l’ont compris.

Santemag.info

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