6 FAUSSES IDÉES SUR LE BURKINI

Décidément cet été est prolifique en faux problèmes et polémiques à n’en plus finir sur ce qu’aurait le droit ou non de faire le musulman lambda. Il n’est pas question ici de légiférer sur la question de la « halalité » du burkini mais de répondre à certaines affirmations récurrentes et fausses qui justifieraient le fait qu’une femme n’a pas le droit de porter le burkini pour se baigner.

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Fausse idée n°1 : Le burkini n’est pas hygiénique

Mise à part la proportion de tissu utilisé, le burkini est constitué de la même matière homologuée que n’importe quel autre maillot de bain. Il couvre seulement l’ensemble du corps et a le « bonnet de bain » intégré à la combinaison. Ce « maillot de bain islamique » a été élaboré pour répondre aux normes d’hygiène des piscines. Les Sunparks de Belgique l’ont bien compris puisque le burkini y est autorisé contrairement aux shorts de bain par exemple.

Fausse idée n°2 : Le burkini ne sèche pas vite

On a pu lire de ci de là des commentaires affirmant que les femmes porteuses de burkini « dégoulinaient » en sortant de l’eau et restaient mouillées. Les burkini sont confectionnés dans la même matière qu’une tenue de bain classique et sont donc étudiés pour sécher rapidement.

Fausse idée n°3 : Le burkini ne permet pas d’identifier la personne

Oui, oui ! Lu aussi ! Le burkini ne serait pas sécuritaire et ne permettrait pas d’identifier une personne. Mêmes arguments que pour le voile qui est confondu avec le voile intégral. Le burkini permet de couvrir les cheveux mais ne masque pas le visage !

Fausse idée n°4 : Le burkini n’est pas laïc

Le/la musulman(e) n’est pas tenu d’être sans identité propre, sans conviction et de laisser ses valeurs au placard à compter du moment où il met un pied hors de son logement, n’en déplaise à certains ! Jean-Louis Binaco de l’Observatoire de la laïcité le reconnaît d’ailleurs : l’argument de laïcité invoqué par certaines communes pour interdire le port du burkini n’a pas lieu d’être. « Ce qui est interdit dans l’espace public, donc dans la rue ou sur une plage, c’est le voile intégral. Le burkini en tant que tenue n’est pas interdit. »

Fausse idée n°6 : Le burkini, c’est moche

Là on en arrive à des arguments de haut niveau. « Moche », « ridicule », « ninja », etc. le burkini déchaîne les passions et cristallise un peu plus le rejet viscéral de tout ce qui ressemble de près ou de loin à un voile. Bref, cela reste relativement subjectif : certains préfèreront être confrontés à des gens couverts, d’autres à une marée de corps dénudés et d’autres encore éviter tout simplement les plages. La question demeure la suivante : est-ce que ces femmes vous demandent votre avis ? Non.

Fausse idée n°5 : Le burkini est dangereux pour la baignade

Si on peut concevoir que se baigner avec des vêtements peut entraver les mouvements et que le poids de l’eau qui s’accumule peut être dangereux pour évoluer avec aisance dans la mer/piscine, le burkini n’est pas concerné puisque c’est une tenue conçue pour nager. C’est un maillot de bain, pas un vêtement de ville. Petit plus non négligeable à l’heure où on prend conscience des dangers du soleil, il protège la peau des rayons UV. Ce maillot de bain pourrait être plus généralement une solution pour les personnes qui ont la peau fragile, à risque pour le cancer de la peau, mais veulent continuer de profiter du plaisir de nager.

Fausse idée BONUS : Porter un burkini c’est de la provocation

On peut entendre ces arguments aussi bien des détracteurs de l’islam dans son ensemble qu’au cœur même de la communauté. Encore une fois, le problème n’est pas ici de savoir si les burkinis sont trop ou pas assez couvrants. Le problème est l’acharnement incessant sur tout ce qui est extérieurement « trop » musulman. Le musulman se doit d’être discret, accepter d’être éjecté de la sphère publique s’il est trop visible au goût de la bien-pensance, ne plus accompagner ses enfants en sortie scolaire, à la plage, à la piscine ; etc. Le fait de vouloir vivre librement, d’avoir une vie sociale tout en ayant une éthique religieuse seraient de la provocation ? Les deux ne seraient pas compatibles et il faut choisir d’être soit musulmane, soit mère, soit baigneuse mais seulement en respectant les codes dictés par un laïcisme exacerbé (qui a des relents nauséabonds bien inquiétants) ?

Pour conclure, un poème qui exprime les sentiments qui devraient animer chacun d’entre nous, musulman ou pas ; pratiquant ou pas ; voilée ou non…

A méditer…

Muslimette

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